Sanremo : que voir, que manger et quand y aller
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Sanremo : que voir, que manger et quand y aller

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Posée sur la côte ligure à une vingtaine de kilomètres de la frontière française, Sanremo cumule trois identités rarement réunies dans une même ville moyenne : une station balnéaire au climat doux, une capitale historique de la fleur coupée, et le décor annuel du festival de la chanson italienne, rendez-vous suivi dans tout le pays depuis 1951. Savoir que faire à Sanremo suppose de composer avec ces trois couches, auxquelles s’ajoute une cuisine ligure très typée, différente de tout ce que l’on trouve plus au sud. Voici les repères pour organiser une journée, un week-end ou une étape sur la route de la Riviera.

Que faire à Sanremo en une journée

La ville se parcourt à pied sans difficulté, à condition d’accepter le dénivelé. Le plan mental le plus simple la découpe en trois bandes parallèles à la mer. En bas, le front de mer et le port, avec les promenades, les plages et les terrasses. Au milieu, la ville commerçante du dix-neuvième siècle, ses avenues plantées de palmiers, ses boutiques et le casino, dont la silhouette Belle Époque domine le boulevard principal. En haut, la vieille ville médiévale, la Pigna, un entrelacs de ruelles couvertes, d’escaliers et de passages voûtés qui grimpe jusqu’au sommet de la colline.

Une journée bien remplie enchaîne ces trois niveaux dans l’ordre inverse, en montant à la Pigna le matin quand l’ombre des ruelles reste fraîche, puis en redescendant vers le centre pour le déjeuner, avant de rejoindre le littoral l’après-midi. Le panorama depuis les hauteurs de la vieille ville embrasse la baie, le port et, par temps clair, une longue portion de côte vers l’ouest.

La strate Belle Époque saute aux yeux dès la ville basse. Sanremo a été, comme plusieurs stations de cette côte, un lieu d’hivernage pour une clientèle européenne fortunée, ce qui explique l’architecture des grands édifices du centre, les façades ornées, les jardins plantés d’espèces exotiques et la présence du casino. Les palmiers alignés le long des avenues appartiennent à ce même héritage paysager, importé et entretenu depuis plus d’un siècle. Marcher dans ces rues revient à traverser une station thermale posée au bord de la Méditerranée, avec la végétation subtropicale en plus.

Le marché aux fleurs appartient à l’histoire économique de la ville, qui a longtemps expédié œillets et mimosas dans toute l’Europe. Cette activité explique le paysage des collines environnantes, couvertes de serres, et la présence de la fleur coupée dans les commerces du centre. Elle se lit encore dans la toponymie de la côte, la Riviera dei Fiori, la Riviera des fleurs, qui court sur toute cette portion du littoral.

La Pigna, le front de mer et la piste cyclable

Ruelle voûtée en montée dans la vieille ville de Sanremo, murs ocre et linge aux fenêtres

La Pigna doit son nom à sa forme : les maisons s’enroulent autour de la colline comme les écailles d’une pomme de pin. Le quartier se visite sans itinéraire, en se laissant porter par les montées. Les ruelles y sont souvent couvertes, prolongées par des arcs de contrebutement qui tenaient les façades lors des secousses sismiques. Quelques places minuscules ponctuent la remontée, avec des points de vue qui s’ouvrent sans prévenir.

En bas, le front de mer alterne plages de galets, plages aménagées et promenades. Le port accueille la plaisance et quelques bateaux de pêche, dont les retours alimentent une partie des tables du centre. Les crevettes rouges de la mer Ligure comptent parmi les produits les plus recherchés de cette côte, souvent servies crues avec un simple filet d’huile.

La piste cyclable du Ponente constitue la plus belle surprise de la ville. Aménagée sur le tracé de l’ancienne voie ferrée littorale, déplacée à l’intérieur des terres, elle file au ras de l’eau sur des dizaines de kilomètres, traversant tunnels et anciennes gares reconverties. Elle relie Sanremo aux communes voisines dans les deux directions, sans voiture et presque sans dénivelé. Les loueurs de vélos et de trottinettes se trouvent le long du parcours, avec des tarifs à l’heure ou à la journée. C’est le meilleur moyen d’accéder aux criques et aux villages côtiers sans se garer.

Que manger à Sanremo

La cuisine locale ne ressemble pas au répertoire italien standard. Elle repose sur l’huile d’olive, les herbes, les légumes, le poisson bleu et une part importante de préparations à base de farine de pois chiches ou de blé. Le produit emblématique du secteur est l’olive taggiasca, petite olive violette cultivée dans l’arrière-pays, à la chair douce et peu amère, dont on tire une huile délicate.

La spécialité la plus directement associée à la ville est la sardenaira, une focaccia épaisse garnie de tomate, d’ail, d’origan, d’olives taggiasche et d’anchois, vendue au poids dans les boulangeries. Elle se mange debout, à toute heure, tiède ou froide. Le brandacujun, purée montée de morue et de pommes de terre à l’huile d’olive, appartient au même registre populaire, tout comme le lapin à la ligure, mijoté aux olives, aux pignons et au vin blanc.

Le marché couvert et les commerces de bouche du centre concentrent le reste du répertoire : fromages frais, herbes, légumes de terrasse, poisson du jour, huiles d’olive vendues au détail. C’est le meilleur endroit pour comprendre ce que mangent réellement les habitants, à des prix sans rapport avec ceux du front de mer. Les glaciers artisanaux, reconnaissables à leurs bacs couverts et à des couleurs sobres plutôt que fluorescentes, complètent la promenade. Le café se boit debout au comptoir, plus vite et moins cher qu’assis, le tarif en terrasse pouvant doubler.

Le rituel de l’aperitivo, en fin d’après-midi, mérite d’être respecté : un verre accompagné de petites préparations salées, entre dix-huit et vingt heures, avant un dîner qui commence rarement avant vingt heures trente. L’ensemble du répertoire régional, du pesto au mortier à la farinata de pois chiches, est détaillé dans le guide de la cuisine ligure, qui explique aussi pourquoi cette cuisine est aussi végétale.

Un mot sur la lecture des cartes, souvent rédigées en italien avec quelques traductions approximatives : la structure reste celle de toutes les tables du pays, et le décodage d’un menu de restaurant italien s’applique tel quel, coperto compris.

Quand y aller, et à quel prix

Étal de sardenaira découpée en parts sur un comptoir de boulangerie ligure

Le climat de la côte ligure occidentale reste doux une grande partie de l’année, protégé du nord par les reliefs. Le printemps offre le meilleur compromis : températures agréables, végétation en pleine forme, affluence modérée et tarifs d’hébergement encore raisonnables. L’été concentre les vacanciers italiens, en particulier en août, avec des plages saturées et des prix au plus haut. L’automne prolonge la saison douce jusqu’en octobre. L’hiver reste praticable, avec une lumière remarquable, mais une partie des établissements saisonniers ferme.

La semaine du festival de la chanson, en février, transforme complètement la ville : hébergements complets à des mois d’intervalle, tarifs multipliés, centre-ville saturé de dispositifs de sécurité et de médias. Un séjour touristique classique s’organise mieux en dehors de cette période, sauf à venir précisément pour l’ambiance.

Poste de dépenseFourchette constatée 2026Remarque
Hôtel deux à trois étoiles, la nuit80 à 150 eurosLe double en haute saison et en février
Café au comptoir1,20 à 2 eurosPlus cher en terrasse
Part de sardenaira3 à 5 eurosVendue au poids
Déjeuner simple, plat et boisson15 à 25 eurosTrattorie de quartier
Dîner complet, hors boisson30 à 45 eurosPoisson en supplément fréquent
Aperitivo, verre et petites assiettes8 à 14 eurosSelon l’établissement
Transat en plage aménagée, la journée15 à 30 eurosSelon la saison et l’emplacement
Location de vélo, la journée15 à 25 eurosÉlectrique plus cher

Un week-end de deux nuits pour deux personnes, hébergement compris, se situe couramment entre 350 et 550 euros hors transport en saison moyenne. L’accès depuis la France se fait par la route littorale ou par le train régional qui longe la côte depuis la frontière, solution économique et fréquente.

Autour de Sanremo : la Riviera dei Fiori

La côte se prête aux étapes courtes. Vers l’ouest, Bordighera et sa palmeraie, puis Vintimille et son grand marché hebdomadaire, très fréquenté par les visiteurs français. Vers l’est, les villages côtiers s’égrènent le long de la piste cyclable, avec des criques accessibles à pied.

L’accès mérite d’être anticipé. Depuis la France, la route littorale traverse la frontière puis longe la côte, avec une circulation dense en saison et de nombreux ronds-points. L’autoroute italienne, plus rapide, enchaîne tunnels et viaducs à flanc de montagne et comporte des péages. Le train régional, enfin, relie Vintimille, première gare après la frontière, à Sanremo en un quart d’heure environ, à un tarif modeste et sans souci de stationnement ; la ligne ayant été déplacée à l’intérieur des terres, la vue sur mer se gagne à la sortie plutôt que pendant le trajet.

L’arrière-pays vaut autant que le littoral. Les vallées qui remontent vers les montagnes abritent des villages perchés en pierre, des oliveraies en terrasses et des routes étroites qui grimpent vite. Dolceacqua, dans la vallée de la Nervia, est connue pour son pont médiéval en dos d’âne et son vignoble de rossese. Taggia, plus à l’est, a donné son nom à l’olive de la région. Ces vallées produisent aussi les vins de la côte ligure, blancs vifs et rouges légers, dont les repères d’accord figurent dans le guide des vins italiens à table.

Un dernier conseil d’organisation : le stationnement dans le centre de Sanremo est payant et saturé en saison. Les parkings en périphérie, reliés au centre à pied ou à vélo, évitent une heure de tournage inutile. Et pour qui dispose de deux jours, la combinaison la plus efficace consiste à consacrer la première journée à la ville, la seconde à la piste cyclable ou à une vallée de l’arrière-pays.